Il est incroyable de constater à quel point la popularité sur internet est déterminée par des facteurs aussi subjectifs et manipulables que les "j'aime", "followers", "friends", "plays" ou autre "vues"... Un gros business se cache derrière la propagande du "like-system". Devenir une star sur twitter ? Frimer avec ses 10'000 plays sur Soundcloud ou encore ses 2 millions de fans sur facebook ? Sans problème, ça s'achète, ça marche et peu importe qui vous êtes et la qualité de votre contenu.
Il y avait début 2012, plus de 50 millions de "fake accounts", des comptes "imposteurs" sur Facebook, ce qui fait plus de 6 % du total et les chiffres sont en constante progression (magazine financier FOCUS). Personne ne peux savoir qui se cache derrière ces faux amis. Sur youtube, platteforme sur laquelle, il faut le rappeler, il suffit d'avoir un compte email google pour commenter des vidéos et apprécier un contenu, le problème est identique..
Les sites qui proposent d'acheter du buzz pullulent et c'est normal, c'est LE business du moment. Vous pouvez acheter votre popularité ou celle de vos contenus de manière significative et bon marché sur pratiquement tous les réseaux sociaux, du moins, les plus populaires...
Une autre méthode consiste à se procurer des robots, qui sont des programmes informatiques qui permettent d'automatiser certaines tâches comme regarder une vidéo toutes les 5 minutes, suivre automatiquement les "amis" suggérés sur twitter ou soundcloud, "dé-follower" si ils ne vous "follow" pas à leurs tour etc... Cette méthode est moins appréciée car plus risquée mais reste néanmoins très efficace.
Evidemment, il est logique que de telles activités soient devenues un standard pour les grosses marques ou les têtes d'affiches de festivals de musique dont la surenchère de popularité sur les médias sociaux n'a pour effet que de creuser l'écart entre ceux qui ont les moyens et les autres. Le combat est donc perdu d'avance pour les musiciens indépendants qui passent plus de temps à acquérir des "likes", des "vues" et des "plays" et donc passent plus de temps sur les réseaux sociaux à digérer de la pub, qu'à pratiquer leur art.
Aussi, les systèmes de référencement et les algorithmes actuels des moteurs de recherche généralistes (comme google) ou particuliers (internes aux sites) se basent, entre autre, sur la fréquentation. A moins de faire une recherche ciblée, par exemple en tapant le nom exact de l'artiste que vous avez découvert par hasard lors d'un festival et dont vous avez eu la présence d'esprit de noter quelque part son nom, les chances pour que cet artiste apparaisse dans les premières pages des résultats de la recherche non ciblée (par genre de musique par exemple) sont nulles.
Pourtant il est vrai que l'impact psycholoqique de ce système de cote n'est pas négligeable. Tout est présenté de manière à faire croire à l'artiste qu'il ne peut pas exister sans les médias sociaux. Mais la dématérialisation a ses limites. Penser qu'un musicien puisse exister sans aller mouiller sa chemise dans la rue ou en concert fait partie de l'illusion... Une musique de qualité jouée en live trouvera toujours des oreilles à satisfaire. Là commence la véritable connection, dans le vécu.
En plus, avoir des fans virtuels ne signifie pas forcément qu'ils soutiendront financièrement l'artiste lorsqu'il mettra son album en vente. Surtout si l'album en question est disponible gratuitement quelque part dans les méandres du cybersepace. Mais ça, c'est une autre histoire...



